Norman & Verganti, des grands de l’innovation, comparent différentes approches d’innovation et se demandent si le design permet d’aboutir à de l’innovation radicale.
1- Approche centrée utilisateur (on connaît plutôt bien), qui consiste à se rendre compte des besoins d’aujourd’hui dans un champ de réflexion bien borné amène à de l’innovation incrémentale.
2- En revanche une observation plus large des évolutions sociétales, afin de pressentir les envies de demain permet d’explorer des champs nouveaux et peut aboutir à de l’innovation radicale.
Ces deux types d’innovation sont complémentaires et peuvent se combiner à de l’innovation technologique. Je pense que le constat ne remet pas en question le fait qu’il faudra de toute manière penser aux utilisateurs finaux, soit à la loupe pour voir ce qui ne va pas, soit en démontant les systèmes existants pour en reconstruire de nouveaux de manière à satisfaire autrement de futurs utilisateurs (qui ne sont pas forcément les mêmes que les premiers!).
De mon point de vue, je pense que c’est en partie dans la deuxième approche que l’analyse systémique et l’incitation à de nouveaux usages écologiques peuvent vraiment prendre leur place.
Un ballon d’hélium en forme de réacteur dans lequel est placée une hélice, pour pouvoir aller chercher l’énergie du vent là où elle est la plus élevée, il fallait y penser ! Altaeros Energies nous donne ici un bel exemple de créativité comme on les aime. Cette architecture est d’ailleurs très inspirante pour d’autres usages.
En plus de gagner en efficacité grâce à sa hauteur, ce nouvel Ovni ouvre tout un champ d’utilisations différentes qui méritent d’être explorées. Beaucoup plus flexible et évolutif en terme de position géographique, bien moins gênant en terme de bruit, il offre le léger avantage d’éviter de gaspiller un autre type d’énergie à simplement faire accepter et négocier son installation (comme en souffre l’éolien).
Est-ce qu’on assiste à la naissance d’un nouveau métier ? Vous imaginez un ciel de grand vent rempli de « Chasseurs d’énergie »? Pour peu que la vision soit aussi magique que celle d’un ciel parsemé de mongolfières multicolores…
Après Pierre Paulin, mort en juin 2009, voilà Roger Talon qui disparaît à son tour.
Retour sur deux [de mes] maîtres qui ont marqué
le design français
et au-delà
Petite citation de Roger Talon pour se souvenir de la proximité entre notre métier d'aujourd'hui et sa vision du design :
' J'ai toujours refusé l'intégrisme idéologique du fonctionnalisme brutal qui stérilisait l'innovation, comme j'ai rejeté la gratuité et le maniérisme qui caractérisent trop souvent l'esprit arts déco.
Pour moi, le problème a toujours été : à partir de 'toute' la problématique, proposer la réponse la 'mieux' adaptée, forme structure, forme fonction et forme image. '
Magnifique intuition de cette forme omniprésente qui est l'émergence, le réceptacle de la structure, de la fonction et de l'image.
Mais il se trouve que j'ai côtoyé Pierre Paulin et Roger Talon quand ils étaient tous deux réunis dans ADSA, et moi stagiaire... Pierre Paulin était mon directeur de stage, et Roger Talon était à 10 mètres de là, et le souvenir que j'en ai est d'abord distance et indifférence... le goût de la transmission présent chez tous les grands s'était-il déjà émoussé... Etaient-ils las d'engager une relation avec un jeune stagiaire de plus ? Probablement...
Quoiqu'il en soit je me souviens avec amertume de cette distance.
Je me souviens aussi de Pierre m'expliquant en entretien de fin de stage que 'dans le design il y a les exécutants et les créatifs, toi, tu fais partie de la catégorie des exécutants...', et moi de bouillir en essayant de le faire vibrer en lui montrant mon projet de montre Eclipse (http://www.blog.capital-innovation.fr/page.php?num=16422) dont j'étais en train de négocier le brevet avec Swatch, Seiko et Beuchat. Je me souviens de sa froideur face à ces projets, de mon incapacité à l'étonner, de mon incompréhension devant le verdict du maître alors que j'avais envie de m'intéresser à tout, d'interagir créativement sur tout ce qui était autour de moi et que j'avais ressenti pendant le stage l'impossibilité de sortir du cadre... je me souviens de son incompréhension et de la frustration générée...
Et oui, Capital Innovation n'est donc pas fondé que sur des rencontres positives, mais ce n'est certes pas amère : une conséquence très positive est que je vois sincèrement et profondément en chacun des salariés et des stagiaires de Capital Innovation un créatif (ou un potentiel créatif). Je crois qu'il s'agit là d'un point esentiel de la force créative de l'entreprise !
J'ai trouvé sur le blog de la boite verte les 2 posts suivants que je vous invite à lire avec à l'esprit la question suivante :
Que manque-t-il à un illustrateur pour devenir inventeur ? De la volonté, du génie mécanique, de la cupidité ou des contraintes techniques... ?
Il est évident qu'un dessinateur aussi créatif que Ralph Mac Quarrie a puisé de l'inspiration dans l'existant : il a travaillé comme illustrateur pour Boeing et a construit des modèles réduits d'avion toute sa vie. Pourtant, son travail n'a jamais versé dans la copie, il transcende ce qu'il voit, ce qui le passionne, pour inventer un monde à lui. Il a su synthétiser toutes ces images qu'il avait en tête pour fabriquer un univers (Star Wars, E.T, Cocoon, ...) qui aura marqué l'esthétique des films de sciences fictions en général et, au-delà, aura façonné l'imaginaire des inventeurs, ingénieurs et autres geeks eux-mêmes. Il a eu, en ce sens, une influence sur l'idée qu'on se faisait du futur depuis les années 70, jusqu'à aujourd'hui. Je ne crois pas que cet homme ait jamais déposé de brevets, pourtant il avait des idées plus belles et pertinentes que pas mal d'inventeurs revendiqués !
Relevez un pan de l'Ipad Cover d'Evernote et dévoilez la question, relevez les deux et vous dévoilez la réponse, refermez, vous changez la question.
Une appli simple et maline pour réviser par exemple.
Un exemple admirable d'innovation low-tech en synergie totale avec le high-tech. Surtout quand on comprend que la protection d'Ipad se connecte par aimants, sert de stand etc...
Satisfaction de faire 3 collections sur 2 ans et de vendre quelques 300.000 montres.
et nait alors peu à peu le projet d'une entreprise foaclisée sur la création de produits innovants, sortis de la tête de 'designers ingénieux'... vous avez reconnu Capital Innovation.
Aujourd'hui, découverte, ce produit est en train de renaître dans une marque horlogère que je ne connaissait pas : Ziiro.
Elle s'appelle Ziiro Aurora et elle est bien sympa. Ils n'ont visiblement pas une parfaite homogénéité de couleur, mais c'est un travail de dingue pour obtenir ça et la technique que l'on utilisait alors pour la production est probablement difficile à obtenir aujourd'hui !
Comment offrir la réponse la plus simple à un besoin vital pour un grand nombre de personnes?
C'est probablement cette réflexion qui a guidé cette étudiante du MIT dans son développement. Partant du constat que l'application d'une dépression sur une plaie permet d’accélérer fortement la cicatrisation, elle a conçu cette solution ultra simple. Elle consiste à enfermer la zone de la plaie sous un pansement étanche dont sort un tube relié à une « pompe » manuelle permettant de générer une dépression.
On appréciera le pragmatisme de la mise en œuvre du prototype, dont la pompe accordéon est apparemment issue d’un débouche évier détourné de son usage originel !
Cette technique permet de stimuler la circulation de la zone et d’offrir un effet drainant limitant les infections. Si les tests en cours sont positifs ils confirmeront, si besoin est, l’étendue du champ des innovations non technologiques restant à découvrir…
Dans un article paru à la sortie de l'ipad je disais (pardon pour l'auto-citation) : 'Apple va pouvoir dérouler tranquillement son habituelle stratégie d'innovations incrémentales, comme pour le iPod ou le iPhone... dès aujourd'hui, c’est sûr, tout est dans le pipe ;) On les voit arriver avec leurs gros sabots'
et bien voila qui est fait avec l'ipad 2 ! comme on pouvait s'y attendre : - la webcam (HD bien sur), c'est fait - la connexion wifi c'est fait - et la 3G pour passer des appels... aussi! ... et plein de nouvelles applications liées à ces nouveaux composants qui réduisent un peu le gap avec l'iphone tout en renforçant le territoire de l'un et de l'autre. En effet, l'iphone conserve l'interêt de la compacité et reste avant tout un téléphone qui tient dans la poche, un objet personnel... tandis qu'avec ses nouvelles fonctionnalités l'Ipad gagne en convivialité et devient une vraie interface multimédia.
Alors, pad' panique, la pomme a encore de beaux jours devant elle malgré le départ de Jobs qui laisse dans le pipe une ribambelle de futurs innovations.